Quand je veux, si je veux !

Il y a quarante ans, des milliers de femmes revendiquaient le droit à pouvoir disposer librement de leur corps. Clamant haut et fort « Un enfant, si je veux, quand je veux », elles n’hésitaient pas à parler publiquement de leur corps, de leur sexualité et de leur désir ou non d’être mères. Évoquer de tels sujets dans l’espace public, était un acte politique fort.

Où en est-on aujourd’hui, 40 ans plus tard ? On aurait pu penser qu’en se normalisant, l’avortement serait devenu un droit légitime et sa pratique, un acte médical simple. Il n’en est rien… Alors qu’une femme sur trois avorte au moins une fois dans sa vie, l’IVG apparaît toujours comme une concession et non comme un droit à part entière : délais d’attente trop longs, difficultés à trouver un service acceptant de pratiquer l’interruption entre 10 et 12 semaines, disparités régionales très importantes dans la prise en charge, propos maladroits et parfois culpabilisants de la part du corps médical, etc.

Devant un tel constat, des jeunes femmes réaffirment la légitimité de ce droit pour en finir avec les dysfonctionnements qui jalonnent le parcours d’IVG. Rencontrées aux quatre coins de la France, elles racontent en détail leurs expériences intimes et décrivent les obstacles auxquels elles ont été confrontées

Filmées dans des espaces publics, refusant l’anonymat, ces femmes d’aujourd’hui s’attaquent avec sérénité aux idées reçues et aux représentations négatives qui refont violemment surface. Dénonçant les discours réactionnaires qui cherchent à faire douter et à effrayer, elles nous amènent à repenser les enjeux de pouvoir qui traversent nos corps : pouvoir de la norme sociale, du politique, du médical ou encore de la religion. Autant d’injonctions qui tendent à contrôler les corps, et plus encore les corps féminins.

A travers ce « chœur de femmes », une communauté de mots, d’expériences, et d’histoires s’élabore… Celle-ci se révèle extrêmement précieuse pour toutes les femmes qui vivraient cette expérience dans l’isolement, voire dans la culpabilité. En rendant visibles ces parcours de femmes et à travers des images d’archives inédites , le film s’inscrit dans une lutte féministe menée depuis les années 70. Il nous rappelle combien le combat pour disposer librement de son corps reste, plus que jamais, d’actualité.

Écriture et réalisation : Susana Arbizu, Henri Belin, Nicolas Drouet et Mickaël Foucault

Montage : Agathe Dreyfus